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Vers le 1er emploi : le dispositif de Bordeaux Sciences Agro

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Combien d’étudiants diplômez-vous chaque année et dans quelle(s) spécialité(s) ?

Sur la formation ingénieur, cette année, nous avons diplômé 158 étudiants.

Nous avons 13 spécialisations pour un seul diplôme, parmi lesquelles :

– des spécialisations autour de l’aménagement du territoire et du développement et de la protection de l’environnement,

– deux filières agricoles spécialisées : autour de la forêt et l’autre chapeautée par l’Institut Supérieur de la Vigne et du Vin,

– deux spécialisations qui forment à l’informatique, le traitement de l’information, le réseau de transmission des données, etc.,

– ou la formation ingénieur par apprentissage avec comme spécialisation « création reprise et management d’entreprises agricoles ».

En dehors du cursus ingénieur, nous avons depuis peu un MBS Vineyard & Winery Management, en anglais sur 2 ans, et le même Mastère Spécialisé « Manager de domaine viticole », en 1 an, sur l’aspect management des entreprises agri-viticoles.

Vers quels secteurs se dirigent-ils et avec quelles attentes ?

Majoritairement, ils se dirigent vers le secteur des productions agricoles (20-22%), les instituts techniques, la filière fruits et légumes, mais pas seulement. Certains se dirigent également vers : 

– les organismes professionnels agricoles : les chambre d’agricultures, les SAFER, les syndicats, les associations, etc.,

– les services aux entreprises (15%), en particulier agricoles et viticoles : ESN, cabinet d’études, les cabinets d’expertises, et les banques et assurances,

– les administrations : historiquement, on a formé jusqu’il y a deux ans, des cohortes d’ingénieurs fonctionnaires pour les étudiants au meilleur classement,

– l’industrie agro-alimentaire,

– l’enseignement & la recherche,

– le commerce & la distribution,

– l’agro-fourniture, l’agro-chimie, l’agro-équipement,

– le développement, l’aménagement et l’environnement paysage : beaucoup d’étudiants  manifestent leur intérêt pour ce secteur, cependant, ce n’est pas le secteur qui recrute le plus,

– les organismes internationaux et humanitaires en progression.

Par rapport à leurs attentes, ce que j’entends, ce sont des métiers plutôt orientés terrain, et en relation avec l’humain. Après, il faut les aider à définir ce qu’est un métier de terrain mais, dans l’idée, il s’agit de ne pas être que des bureaucrates. Après, ce sont pour les premiers métiers. Ces métiers apportent aussi une vision transversale du milieu professionnel dans lequel ils sont, d’où nos formations transversales et trans-diciplinaires dont le but est d’apporter une vision systémique des choses.

Justement, comment accompagnez-vous ces jeunes dans leur recherche d’emploi, puis dans leur évolution professionnelle ?

En 2013, lors de la dernière réforme du tronc commun, nous avons réfléchi à comment mieux les accompagner. Notre objectif était qu’ils soient acteurs de leur formation, d’augmenter leur motivation et de les aider à émanciper leurs choix. Qu’ils n’attendent pas le dernier moment pour se projeter.

En dehors des enseignements, que nous avons souhaité plus trans-disciplinaires, nous avons mis en place un dispositif pour mieux les accompagner dans la construction de leur projet professionnel. Cela s’est traduit, sur la partie tronc commun, par un enseignement spécifique sur les trois premiers semestres, qui doit apporter de la méthodologie sur l’aide à la construction du projet professionnel, notamment avec des TD. Nous y ajoutons un enseignement spécifique autour de la  valorisation des compétences, afin que les étudiants capitalisent ce qu’ils savent faire et ce qu’ils ont appris à faire.

Les élèves ont également à leur disposition deux journées particulières :

  • la journée des métiers, véritablement destinée aux étudiants de première année : 40 anciens élèves viennent témoigner sur le métier qu’ils exercent aujourd’hui et leur parcours professionnel. Ils ne sont pas forcément là pour représenter leur entreprise. Je leur demande même de parler sans filtre pour aider les étudiants à se poser des questions. Après, un temps plus « forum » permet aux étudiants de discuter avec eux et de récupérer des cartes de visites pour de futurs stages ou autres. L’objectif est l’exploration des métiers, sans thématique particulière, pour que les étudiants aient un aperçu de la diversité des secteurs et des métiers sur lesquels ils peuvent être recrutés. D’ailleurs, les débriefs montrent que les étudiants sont agréablement étonnés de la diversité des métiers, alors qu’il n’y a que 40 anciens. Si on regarde la nomenclature des métiers, on recense plus de 80 métiers, rien que pour les milieux typés agro-agri. Après on leur demande de continuer ce travail, d’aller voir des anciens et des professionnels dans les métiers qu’ils vont cibler, en suivant la méthodologie qu’on leur a proposé d’aide à la définition du projet professionnel.
  • un forum entreprise : pour les deuxième et troisième années, une rencontre étudiants-entreprises baptisée Agro’N Job. Là, ce sont des recruteurs qui viennent rencontrer des étudiants et diplômés, pour proposer des offres de stages, d’emplois, de VIE. Pour cela, nous utilisons l’Espace Carrières placeOjeunes, avec le Forum Online notamment. Cela se traduit par du job dating.

Pour compléter ce dispositif, nous avons une palette de modules dès le premier semestre de formation, pour permettre aux étudiants  d’affiner leur projet ou pour approfondir des compétences, s’ils ont une idée de leur projet professionnel.

Ils ont également les rencontres de professionnels puisque dans le cadre de la formation, il y a  plus de 400 professionnels qui interviennent.

Un module, en particulier, s’articule autour de la démarche scientifique, pour les ouvrir aux métiers de la Recherche & Développement. Un autre module optionnel offre une sensibilisation à l’entrepreneuriat qui peut être ensuite être renforcée à l’intérieur des spécialisations.